Pourquoi j'ai peur de me marier

Non non, vous ne rêvez pas.

Je suis à deux mois de mon mariage, et plus la date approche, plus je fais dans mon froc.


Désolée pour le vocabulaire de cet article mais j'ai besoin d'exprimer les choses comme je les pense.

Et après tout, c'est mon blog, je ne vais pas à m'excuser de dire ce que je veux comme je le veux!


À deux mois de mon mariage, des questions que je ne me posais pas avant et des doutes dont j'ignorais même l'existence ont décidé de faire leur apparition.


Entre bonheur, larmes, envie de tout plaquer, le tout à bout de nerfs mais aussi dans la joie et la bonne humeur, je vous dévoile aujourd'hui toutes mes peurs.


La peur du divorce




Qui dit mariage, dit potentiel divorce.

Et dites moi si je me trompe, mais je ne pense pas être la seule à penser à cette éventualité avant même de marier.


45% des mariages en France se terminent par un divorce.

Sachant que la moyenne dans ma famille est plutôt de l'ordre de 98%, autant vous dire que la peur de divorcer est belle et bien présente.


Bien que j'arrive à faire la part des choses et à dissocier mon cerveau de mes émotions, il n'en est pas moins difficile de me défaire des satanés schémas que j'ai toujours connu.


Je sais que je suis fondamentalement différente de ma famille dans ma façon de vivre et de gérer mon couple.

En terme d'écoute, d'empathie, de compréhension, de tolérance, d'acceptation, de capacité à faire des compromis, de communication, et j'en passe...


Cependant, depuis huit ans que nous sommes ensemble, nous avons dû faire face à beaucoup de difficultés et avons dû surmonter beaucoup d'évènements, qui nous ont fragilisés plus d'une fois.

Et bien qu'objectivement, je sache que si nous avons surmonté tout ça, nous pouvons tout surmonter ensemble, mon corps semble être toujours en alerte, et mes émotions reviennent sans cesse avec la peur que nous ayons peut-être été un peu trop fragilisés?


Il y a quelques années, je disais à mon fiancé que je ne voulais pas me marier avant que nous ayons trouvé des solutions à certains sujets.

Mais je dois bien m'y résoudre, ça va bientôt faire huit que nous sommes ensemble peu importe les difficultés...


De plus, j'ai entendu tellement de personnes me raconter leur divorce seulement quelques mois après leur mariage alors qu'elles étaient en couple depuis 5 ans, 8 ans, parfois même 13 ans, que mon corps semble avoir intégré qu'il n'était jamais à l'abris d'une séparation.


Pourquoi se marier et risquer de faire face aux difficultés administratives et au poids du divorce si on part du principe qu'il peut y avoir une fin à notre mariage?


Sans même parler du fait que mon fiancé a déjà divorcé!

Si vous avez des questions sur "comment renforcer votre sentiment d'insécurité", c'est toujours chez moi que vous trouverez les réponses!


Mais on ne va pas se mentir, tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Et je pense qu'il faut accepter que dans chaque bonheur, se cache aussi ses difficultés.


Lire aussi, "4 mois pour organiser mon mariage"

La peur de perdre ma liberté



J'ai toujours été très indépendante et j'ai toujours beaucoup tenu à ma liberté.

Deux éléments que je considère comme des qualités que j'ai hérité justement de parents divorcés ...

Car ne vous y trompez pas, ça vaut dans un sens comme dans l'autre; dans chaque difficulté se trouve aussi un cadeau caché.


Aujourd'hui, ceux qui me suivent sur Instagram le savent déjà, je me vois comme un cheval sauvage en soif de liberté et en besoin constant de galoper.


Depuis que j'ai décidé de changer de vie, de m'accepter, d'assumer qui je suis et d'écouter mes envies, le lien avec l'autre m'effraie d'autant plus.


Et si mes envies n'étaient pas compatibles avec ma vie de couple? Avec une vie de couple en général...


Est-ce réellement possible de vivre pleinement ses rêves lorsque l'on est en couple?

Ou les compromis deviennent à un moment de notre vie des sacrifices si difficiles à supporter, que nous finissons par divorcer?


Je suis dans une transition de vie qui n'est pas évidente à supporter ni pour moi, ni pour mon fiancé. Et je suis vraiment gratifiante de sa patience et de sa façon de gérer ces changements.

Parce que je vous assure que même si vous ne le voyez pas tous les jours, derrière votre petit écran, ça bouscule en permanence...


Entre reconversion professionnelle et changement profond, je n'ai tellement pas de stabilité en ce moment que je n'arrive absolument pas à me projeter dans un quelconque avenir.

J'ai tellement été poussée à faire les choses en fonction des autres et de leur jugement, que j'ai peur de ne plus arriver à dissocier compromis et sacrifices. Ou tout simplement peur de ne plus en avoir envie...


Mais être en couple, c'est aussi prendre en considération les envies et les besoins de l'autre.


Et si nos envies étaient un jour totalement différentes?

Serons-nous capables de trouver des compromis pour les vivre pleinement sans se faire souffrir?


LIRE AUSSI, "le couple ses limites."

La peur de perdre mon identité


Procédé plutôt classique voire même de coutumes lorsque vous vous mariez, mon futur mari avait très envie que je porte son nom.

Seul ou accompagné du mien, il semblerait que ce soit quelque chose qui lui tienne à coeur.


Une envie qui a évolué aussi de son côté puisqu'il dit être d'accord de porter le mien également.


Et pourtant, vous l'avez vu à maintes reprises.

Non pas dans le but d'aller à l'opposé de tout le monde, je vous assure que je n'en fais pas un jeu à moi toute seule... J'ai découvert lorsque la question s'est vraiment posée, qu'il était hors de question que je porte son nom.


Je n'ai vraiment pas eu besoin de réfléchir plus de quelques secondes pour me sentir très mal à l'aise à l'idée de porter le nom de quelqu'un d'autre.

Cependant, après avoir ressenti un espèce de rejet que je ne pensais pas avoir à ce sujet, je me suis tout de même attardée sur la signification et l'importance de cet acte qui paraît pourtant si banal, "porter le nom de...". Car non, ce n'est pas parce qu'il s'appelle Groku ou Connard, ce qui aurait été un "NON" catégorique sans jamais vraiment me poser de questions.

Ce qui me dérange réside bel et bien dans le fait de prendre le nom de quelqu'un d'autre.

Bon, on ne va pas se mentir, j'y aurais peut-être accordé un peu plus de réflexion si le nom pouvait avoir un réel impact sur ma vie de façon positive.


J'en suis donc venue à une grande réflexion sur l'importance que j'accordais au nom.

Cette petite chose que beaucoup sont prêts à oublier, à échanger ou à juxtaposer, alors que je l'estime être pleinement mon identité.


J'ai senti une gène très profonde quant à l'idée de perdre une partie de moi pour devenir une continuité de l'autre.

Un nom que j'apprécie d'ailleurs particulièrement et que j'ai porté depuis toujours, ne serait maintenant plus qu'une partie de mon identité.


Par ailleurs, étant fille unique, je suis la seule à porter mon nom.

Ce nom qui porte une histoire forte et non dénuée d'importance suite à l'installation de mes grands-parents en France comme réfugiés politiques.

Est-ce la raison pour laquelle j'associerais mon nom à un sentiment de liberté?


Mon nom de famille, tout comme mon prénom, ont aujourd'hui une grande importance aussi dans ma vie professionnelle, et je n'aime pas l'idée qu'ils n'aient plus leur place de la même façon.


Pour finir, je dois aussi avouer que le nom de mon mari est lourd à porter suite à un premier divorce difficile et une histoire qui nous a pesé pendant bien des années.


Alors avec tant d'accumulations et de constatations, il me paraît aujourd'hui évident que je garderai seulement mon nom.

Cependant, je ne suis absolument pas contre le fait que mon futur mari juxtapose le mien au sien, et ne me ferme pas non plus à l'idée de changer un jour d'avis.

Lire aussi, "10 étapes pour apprendre à être pleinement soi-même"


La peur de l'engagement et des responsabilités


Certains disent que se marier, c'est s'engager avec le mari et sa famille.


Personnellement, je trouve que penser ainsi nous incombe beaucoup plus de pression et de responsabilités que ce qui nous est déjà donné de porter naturellement lorsque nous sommes en couple.


J'aime beaucoup la famille de mon fiancé, des personnes qui ont le coeur sur la main, avec qui je m'entends bien et je passe de très bons moments.

Le dernier sujet en date était la rencontre entre ma mère et ses parents. Encore une situation qui me met très mal à l'aise tant le processus me parait peu naturel.


Je ne suis pas du tout contre leur rencontre, bien au contraire.

Mais la sacralisation autour de LA rencontre me stresse particulièrement, et je préfère de loin une rencontre naturelle avec toute la famille, plutôt que de nous retrouver tous les cinq, en m'imaginant devoir meubler les conversations si ils n'avaient pas grand chose à se dire.

Parce que oui, ma mère, comme ses parents, ne sont pas non plus les rois de la conversation...


Pour finir, et comme je le disais plus haut, être en couple c'est prendre en considération l'autre.

Or intégrer mon couple et être limitée dans mes actions parce que je suis mariée, est quelque chose qui me fait vraiment peur.


J'ai bien conscience que je le fais déjà depuis longtemps. Mais le fait de ne pas être mariée me donne la sensation de pouvoir un jour dire non.

Or je suis quelqu'un de très loyal et je ne me marie pas dans l'idée que j'ai la possibilité de divorcer.

Ce qui insinue que je serais donc toujours obligée de prendre mes décisions aussi en fonction de l'autre.


Et encore une fois, cette fameuse question de la liberté...


Dépasser sa peur de l'engagement


Heureusement, je ne me laisse pas régir par mes peurs; je les accueille, je les comprends et je les accepte sans jugement.


Car peut-être ne le saviez-vous pas, mais derrière chaque peur se cache un désir profond.


Et aujourd'hui, ce dont je suis sûre, c'est que j'ai dit "OUI" parce que j'aime mon fiancé que j'appelle "mon mari" depuis déjà 4 ans.


Que je souhaite me marier car je suis fière de mon couple, du travail et de l'investissement dont nous faisons preuve chaque jour pour nous rendre heureux, tout en écoutant nos besoins respectifs.


J'ai dit "oui" car je souhaite grandir toujours plus auprès de lui mais aussi grâce à lui.

Parce que malgré ma peur, lorsque je regarde derrière moi, je me dis que tout comme les huit dernières années, nous saurons toujours trouver des solutions.


Enfin, j'ai dit "OUI" car notre mariage n'est pas pour moi un simple mariage, mais une façon de célébrer la force de notre amour et de clore un long chapitre de notre en vie pour en ouvrir un nouveau.


Et tout ça, je vous assure que ce n'est aucun bout de papier sur cette Terre qui le validera.

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