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Comment j'ai presque éliminé les crises d'angoisse

J'ai été victime de crises d'angoisse à tant de reprises et ce pendant si longtemps, qu'elles ont été handicapantes dans mon quotidien au point d'en impacter tous les domaines de ma vie.


Je commençais à poser mes premiers arrêts maladie tant les symptômes que je vivais ne me permettaient plus de sortir de chez moi, et j'ai développé par la force des choses ce que l'on appelle de l'agoraphobie; phobie des espaces libres et des lieux publics.

Allez au cinéma, être dans une foule ou prendre les transports en commun augmentaient mes peurs de faire des crises et se transformaient ainsi, la plupart du temps en crise...

C'est en commençant à prendre soin de moi que j'ai réussi à espacer ces crises d'angoisse que je faisais d'abord tous les jours et toutes les nuits, puis enfin de temps à autre à des moments bien précis.


Beaucoup d'articles vous expliquent comment "maîtriser" les crises d'angoisse, grande erreur à mon sens qui ne fera qu'accentuer votre sentiment d'insécurité.

Aujourd'hui, j'aimerais avant toute chose vous dire qu'il est d'une part important de vous faire accompagner, mais aussi qu'il est tout fait normal que ces crises reviennent à certains moments de votre vie.


Ce que nous allons voir ensemble consiste à sortir de cet état de crises permanentes pour laisser place aux crises d'alerte, celles qui viennent ponctuellement vous rappeler quand une situation ne vous correspond pas ou que votre enfant intérieur n'est pas totalement guéri.


femme assise cheveux aux vents jambes allongées face à la mer

1- Détecter les éléments déclencheurs


La première chose à comprendre est que les crises d'angoisse ne se déclenchent pas sans raison et que plusieurs facteurs peuvent expliquer leur apparition tels qu'un évènement traumatique, ou un facteur déclencheur renvoyant à un antécédent traumatique conscient ou refoulé.


Pour ma part, bien que ce soit un événement qui ait déclenché les nombreuses crises que je faisais, j'ai compris quelques années plus tard que cet évènement avait éveillé en moi quelque chose de bien plus profond.

En effet, il a été noté que les enfants nés dans des familles que l'on appelle dysfonctionnelles soit, addiction d'un parent, parent violent ou dépressif par exemple, sont beaucoup plus sujets à l'anxiété et aux crises de panique dû à un sentiment d'insécurité qui les a forcé à se projeter bien plus rapidement dans la vie d'adulte, n'ayant pu jouir pleinement de leur insouciance d'enfant.

Je vous conseille vivement le livre "Guérir son enfant intérieur" de Moussa Nabati si vous souhaitez en connaître davantage à ce sujet.


Malgré bon nombre d'accompagnements ainsi que la diversité des thérapies proposées telles que les psychothérapies classiques, l'EMDR ou encore l'hypnose et autres thérapies du corps, il n'en reste pas moins impossible que les crises d'angoisse pointent quelques fois à nouveau le bout de leur nez.


Bien que j'ai lu pas mal d'ouvrages à ce sujet, je ne souhaite pas faire de généralité mais partager avec vous le sentiment d'insécurité que j'ai détecté chez moi comme étant toujours associé à ces crises d'angoisse.

Ainsi, dès lors que je me trouve dans une situation me procurant un fort sentiment d'insécurité intérieur, une crise d'angoisse peut être enclenchée.


Les voyages par exemple, cassant ma routine et bousculant totalement mon rythme dû au changement d'environnement mais également au décalage horaire, sont quasi systématiquement accompagnés de ces crises. Cependant, je sais aujourd'hui d'où elles proviennent, me permettant ainsi de mieux les appréhender en faisant attention à quelques éléments essentiels que nous allons aborder ensemble dans la suite de cet article.


À noter que mon but n'étant pas de faire disparaître totalement ces crises d'angoisse mais de comprendre pour quelles raisons elle se déclenchent et surtout comment répondre, pour mon cas personnel, à ce besoin de sécurité.


2- Mettre en place une routine

boule à thé + tisane + herbes déposés sur une table en bois

Pour les personnes faisant des crises d'angoisse à répétions, je pense sincèrement que la mise en place d'une routine est indispensable pour se créer un cocon et augmenter son sentiment de sécurité.

L'idée n'étant évidemment pas de se rajouter une charge mentale mais de se créer des moments pendant lesquels nous répondons à nos besoins et prenons le temps de faire des choses qui nous font du bien.


Mieux encore, certaines de ces routines peuvent avoir un effet surprenant sur notre paix intérieure en nous déchargeant mentalement.

Pendant une période, je trouvais apaisant de ranger mon appartement au réveil.

Cette habitude qui avait commencé d'abord comme une obligation et une tâche que je trouvais même ingrate, s'était transformée en véritable rituel pendant lequel je prenais 30 à 45 min par jour pour écouter un podcast en même temps que je faisais le vide autour de moi.

Une façon d'entamer ma journée bien plus agréable et de façon beaucoup plus apaisée.


Je n'ai pas évoqué les moments de petits déjeuners, déjeuners et dîners au préalable car je voulais surtout accentuer l'importance de la ritualisation de ces moments qui sont véritablement des moments de déconnexion et de recharge à la fois physique et mentale.

Outre le fait de manger sainement, il est important selon moi d'intégrer la notion de plaisir émotionnel et de satisfaction autour de ces rituels.

Nous avons la chance d'être dans un pays dans lequel les droits des employés est un minima encadré et nous donne la possibilité, selon notre contrat, de prendre un temps qui nous appartient pleinement.


Par ailleurs, je ne sais pas si vous vous rappelez de cette période pendant laquelle peu importe la charge de travail que j'avais, je prenais toujours 10 à 15 min de pause pour un café et un bon carré de chocolat aux alentours de 16h.

Un moment tellement simple pendant lequel je prenais mon temps et que je savourais PLEINEMENT, me permettant ainsi de faire redescendre la pression avant de me remettre au travail.


Enfin, les soirées sont pour moi comme les matinées, l'un des moments phares de notre quotidien.

Nous rentrons chez nous avec la fatigue liée au poids de notre journée, l'accumulation de notre charge mentale et tous les messages négatifs que notre cher et tendre cerveau semble savoir si bien repérer et emmagasiner.


Ritualiser également des moments quelques heures avant de se coucher permet de se décharger d'une grande partie de ce poids et de favoriser au maximum notre sommeil.

Dîner plus tôt pour faciliter la digestion, faire une activité calme même si elle consiste simplement à prendre le temps d'appliquer des soins tout en faisant attention cependant, à sortir de l'aspect mécanique pour profiter du moment présent, éviter de se coucher tard, mettre une goutte d'une huile essentielle qui vous plaît et qui vous apaise sur votre taie d'oreiller...

Personnellement, je suis passée ainsi de très grosses insomnies pendant lesquelles je restais éveillée 4 à 5h par nuit, à quelques réveils nocturnes.


Comme je vous le dis souvent, il n'est pas nécessaire de toujours effectuer de grands changements mais parfois de simplement faire le plein de tous petits riens, pour accumuler ces moments de bonheur et ainsi augmenter votre bien-être au quotidien...

3- Avoir une alimentation saine

porridge gourmand avec des fuits, des pépites de chocolat et une tisane

Lorsque j'étais en plein burn-out, mes plus grands symptômes de crises d'angoisse étaient les troubles digestifs.

Et pour cause, il existe de nos jours un grand débat au sein des médecins et nombreux thérapeutes, certains affirmant que nos intestins seraient même notre premier cerveau.


La réalité est que notre cerveau est directement lié à nos intestins par l'un des plus gros nerfs que l'on appelle "le nerf vague", celui-ci étant activé lorsque nous vivons des évènements, qu'ils soient positifs ou négatifs. Ainsi, notre cerveau et nos émotions sont intimement liés et créent une dérégulation de notre système nerveux qui, se sentant menacé active notre état de survie, affaiblissant alors notre système immunitaire laissant place à des maladies chroniques telles que les troubles digestifs (maladie de Crohn, syndrôme de l'intestin irritable etc...)


À force de vivre de tous ces inconforts, mon corps n'acceptait instinctvement plus de manger certaines choses telles que la nourriture trop grasse, trop sucrée, la junk food et tout ce qui est, objectivement, plus difficile à digérer. De fil en aiguille, afin d'éviter au maximum ces états de nausées et autres troubles intestinaux que vous pouvez imaginer, j'ai dû sélectionner les restaurants sur le volets jusqu'à une période pendant laquelle je ne pouvais manger QUE du fait maison, et du frais.


En réalité, bien que vous l'aurez compris, la nourriture n'étant pas la première cause de ces problèmes gastro-intestinaux, contrôler la façon dont je prenais soin de moi depuis l'intérieur de mon corps était déjà non seulement un grand soulagement, mais ne pouvait aussi qu'être bon pour ma santé.

J'ai appris à équilibrer mes assiettes selon mes besoins et mon activité tout en gardant la notion de plaisir et en éliminant ce qui pouvait contribuer malgré tout à ces dysfonctionnements intestinaux.


4- Avoir une activité physique régulière


zoom sur une femme de dos cheveux longs en vêtements de sport, mains sur les hanches

Notez que je ne parle pas forcément de pratiquer une activité sportive, bien que vous connaissez déjà mon opinion sur le sujet et l'importance qu'a le sport aujourd'hui dans ma vie.

En réalité, lorsqu'il s'agit des crises d'angoisse, il est surtout important d'activer régulièrement son corps de la façon dont vous le souhaitez.

Activer les muscles, libérer les endorphines ou simplement permettre à ce trop plein d'énergie de s'évader par là où vous sentez qu'il a besoin de s'échapper...


Pour vous donner mon exemple, lorsque je fais des crises d'angoisse, je ressens presque toujours des sensations désagréables au niveau des jambes et de la cage thoracique.

Me connecter à ces sensations m'ont permis de comprendre que j'ai besoin d'activer régulièrement mes jambes pour laisser aller ce trop plein d'énergie et d'émotions tels que les angoisses, la fatigue ou le stress, et que j'ai besoin de travailler régulièrement ma respiration; j'ai opté pour les balades ou le pilates qui sont pour moi les meilleures formes de méditations que j'appelle "méditations actives".


Bien qu'extrêmement bénéfiques le matin car elles me donnent un bon coup d'élan, c'est surtout en fin de journée que je ressens les bienfaits de chacune de mes balades à travers la nature notamment grâce à sa puissance, l'activation de mon corps et un retour à l'instant présent.

Quotidiennement, je sens les muscles de mon corps se détendre ainsi que mon rythme cérébral s'apaiser.


De même que pour les balades, le pilates est pour moi l'un des meilleurs moyens de me reconnecter à moi grâce à une concentration accrue, me permettant ainsi de calmer mon esprit et mon corps à travers la parfaite coordination de ma respiration et de mes mouvements.


Peu importe l'activité que vous pratiquez tant que celle-ci vous plaît, qu'elle vous reconnecte à vous-même et vous maintient encré dans l'instant présent.


5- Préserver des moments rien que pour soi


femme debout dans une robe beige, cheveux au vent avec un smoothie à la main et un ciel très bleu

Qui ne s'est pas déjà senti submergé par toutes les demandes et activités sociales qui nous entourent?


Un dîner entre amis, un apéros entre collègues, un dîner de famille, un tête à tête avec votre conjoint, une sortie avec votre meilleur(e) ami(e) et hop, la moitié de votre semaine est déjà passée en activités.


Je ne remets évidemment absolument pas en question les bienfaits d'une vie sociale épanouie.

Cependant, il est vrai que beaucoup d'entre nous avons tendance à basculer vers un extrême dont nous n'avons pas conscience et qui peut s'avérer, à un certain point, plus fatigant que revigorant.


Je suis sûre que nombreux et nombreuses d'entre vous ont déjà préféré rester à la maison plutôt que de boire un verre avec telle ou telle copine, quelques heures avant de sortir.

Et si plutôt que de mettre ces envies de dernières minute sur le compte de la flemmardise, on s'autorisait à vouloir prendre un moment rien que pour nous?

Si on s'autorisait à écouter notre corps qui ce soir, a besoin de calme, de se faire chouchouter et de se reposer, simplement parce qu'il est bien plus actif que vous ne l'imaginez.


Entre les allers-retours en métro, pour peu que vous ayez un travail physique, répondre aux besoins de la maison, courses, ménage, et potentiellement l'énergie que vous gardez pour une balade et/ou quelques séances de sport, avez-vous conscience à quel point votre corps est sollicité?


Encore une fois l'idée n'étant pas de ne pas avoir de vie sociale mais de savoir dire "non", de savoir repousser, décaler, s'écouter, ne pas sur-consommer, pour s'accorder des moments où seul notre instinct est maître de nos décisions.


Depuis quelques années, j'ai décidé de ne plus RIEN organiser le Dimanche.

J'ai décidé que le Dimanche serait la seule journée de la semaine pendant laquelle je suivrais totalement le rythme de mes envies.

Faire du sport, rester au lit, aller bruncher, voir des amis ou rester seule, peu importe... Nous accordons assez de temps à répondre aux besoins des autres pour nous permettre une fois de temps en temps, d'être pleinement connecté à NOS envies.



En conclusion, les crises d'angoisse sont souvent le résultat d'une peur refoulée.

Moins nous nous autorisons à ressentir nos émotions, plus celles-ci sont susceptibles de refaire surface de façon toujours plus virulente.


Dans une société dans laquelle la guérison semble primer sur la prévention et que l'annihilation de nos émotions par le refoulement ou les traitements médicamenteux semble être la réponse la plus courante, notre corps quant à lui, manifestera toujours à travers ses symptômes son réel état de souffrance.


Bien qu'ayant été coupée de mes émotions pendant plus de 20 ans, c'est dans cette période la plus difficile qui fût celle d'être à l'écoute de celles-ci, de les observer, de les accueillir et de les laisser aller, que j'ai réussi à me libérer.

Écouter mes besoins et prendre soin de mon être dans sa globalité à travers des actions extérieures répondant à mes besoins intérieurs, fut un travail de plusieurs années qui ne cesse d'évoluer et me permet enfin de vivre de façon beaucoup plus apaisée.


Et vous, dites-moi quelle est la première chose dont vous avez besoin aujourd'hui?






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